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Conseil de prud'hommes de Moulins : le harcèlement moral en accusation.
Il y a presque deux ans jour pour jour, une salariée de l’hypermarché Carrefour de Moulins était retrouvée inanimée dans les toilettes du magasin suite à l'absorption de barbituriques. Ce geste qui a failli être fatal était l'aboutissement d'un processus de harcèlement moral dont elle a été victime pendant des mois en tant que salariée mais aussi en tant que représentante du Personnel.
Fort heureusement, elle avait été secourue à temps par des collègues ce qui avait évité le pire. Elle a donc entamé une procédure pour harcèlement moral devant le Conseil de Prud'hommes dont l'audience a eu lieu le 7 juin. Me Tachon a plaidé pour la salariée, et Me Machelon pour les organisations de la CGT (UL de Moulins, UD de l'Allier, Fédération du Commerce) qui étaient parties intervenantes.
L'avocat de Carrefour a posé une Question Prioritaire de Constitutionnalité, tactique à la mode chez les patrons depuis quelque temps pour freiner les procédures juridiques. S’appuyant sur la décision du Conseil Constitutionnel du 4 mai qui a annulé la loi sur le harcèlement sexuel, il a essayé de tromper le Tribunal en faisant un amalgame avec le harcèlement moral sur le lieu de travail. Le Tribunal a délibéré et rejeté la demande de Carrefour et ordonné la tenue normale de l'audience, ce qui a généré une protestation bien malvenue de l'avocat qui a quitté la salle en refusant de plaider.
Aussi bien Me Tachon que Me Machelon ont démontré que le processus de harcèlement moral à Carrefour n'était pas un accident mais une stratégie managériale pour tenter de soumettre les salariés, avec pour conséquences une terrible détérioration des conditions de travail et des atteintes à la santé. Les organisations syndicales, parties intervenantes au procès, sont bien enclintes à intervenir dans cette affaire dans le but que ces stratégies patronales cessent. À la suite de l'émotion créée il y a 2 ans par le geste de la salariée et aussi par la mobilisation syndicale qui s'était organisée, avec un relais médiatique non négligeable, les artisans du harcèlement (directeur, chef de service) avait été mutés, mais semble-t-il ils ont recommencé ailleurs et de nouveaux drames sont survenus.
Le harcèlement moral est donc bien une politique délibérée de Carrefour.
La bataille syndicale pour le bien-être travail et contre les stratégies managériales comme celle-ci qui broie les hommes et les femmes, est tout aussi importante que les luttes sur les salaires ou l'emploi.
Le rendu du jugement aura lieu le 18 octobre.
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